Le parc national de Yading 亚丁

Nous sommes le 29 septembre 2017, et nous prenons l’avion de Hangzhou direction Daocheng (le plus haut aéroport civil au monde situé à 4410m). A l’arrivée à l’aéroport, on négocie un taxi pour Yading/Shangri La pour 430 yuans sachant que le chauffeur a pour mission de nous trouver 1L d’essence afin que l’on puisse utiliser notre réchaud lors de notre trek dans la montagne. La mission n’est pas évidente car il faut savoir qu’en Chine, il est interdit de vendre de l’essence au détail.

Première station essence, premier échec, ça commence bien. Deuxième station essence, le mec n’est pas chaud non plus, mais je sors de la voiture et j’explique avec mon chinois sommaire pourquoi nous en avons besoin, et il accepte, youpi…

Nous arrivons à l’hôtel Jinjiang 2 heures plus tard. Il faut faire attention car tous les hôtels n’acceptent pas les étrangers, nous avons tenter de réserver 2 hôtels avant d’en trouver un qui nous acceptent.

Nous posons les affaires et allons manger un bol de nouilles et de jambon fumé tellement bon que nous en achetons pour la randonnée. Ensuite, une petite balade dans la ville en fin d’après midi ,puis un petit repos avant de repartir diner dans un restaurant avec un spectacle de danse.

Le lendemain, nous prenons une voiture qui nous conduit au point d’entrée. Pour s’acclimater à 4000 mètres, nous décidons aujourd’hui de prendre le bus jusqu’au “Gonggu temple” puis de marcher jusqu’à Luorong.

C’est joli et ça nous permet surtout de prendre un peu la température avant notre grand périple de 5 jours.

Nous rentrons à l’hôtel bien fatigués afin de profiter d’une bonne nuit avant notre aventure.

Le 1er octobre, On se lève sous un grand ciel bleu, on prend le bus jusqu’à l’entrée du parc, puis la navette électrique jusqu’à Luorong. Et c’est parti pour notre 1er jour de trek, on est très chargés, je dirais même trop chargés, 17 kg pour moi et 18.5 kg pour Hugo.

La début de la randonnée est magnifique, au milieu de ces immenses montagnes, nous nous sentons tout petits. Il y a pas mal de monde, mais étant donné que nous sommes en pleine « golden week » en Chine, nous sommes vraiment chanceux.

Nous mettrons 4 heures pour arriver au « 5 colours lake » et « Milk Lake ». C’est impressionnant de voir ces lacs turquoises au milieu de ces montagnes. Bref, c’est le paradis.

Il nous reste 3 km pour arriver au “campement” et nous mettrons quasiment 2 heures pour y parvenir. Mettre un pas devant l’autre est une sacrée épreuve, on hésite même à poser la tente avant, mais nous trouvons la force et nous y arrivons finalement. Nous sommes récompenser par la vue. Nous montons la tente au « snake lake » et Hugo fait à manger car je suis trop mal en point.

Après une nuit bien reposante, nous partons sous le soleil mais le froid afin de passer un col.

Notre objectif était de 10km par jour, on a vite revu notre itinéraire car entre l’altitude, la lourdeur des sacs, les montées, on ne dépasse pas les 2km/h. Une fois le col passé, on continue un peu et on aperçoit un petit lac.

Nous décidons de poser la tente ici. La pluie fait son apparition et nous nous réfugions dans une grotte pendant 1/2h, puis nous profitons d’une accalmie pour monter la tente. Le temps de finir de ranger les affaires et la pluie repart de plus belle. Nous restons manger dans la tente. Vers 15h, on sort 30 minutes nous promener (on se croirait en Ecosse) et retournons nous abriter sous la tente.

A 17h30, la pluie a cesser et nous sortons préparer le diner.

1ère étape, filtrage de l’eau, 2ème étape, faire bouillir l’eau, 3ème étape, bon appétit. Même s’il fait froid, on a préféré manger dans la grotte, nous sommes un peu abrités et nous pouvons profiter du paysage.

Le 3 octobre, la nuit a été très calme, nous avons bien dormis. On se réveille doucement sous la brume et décidons de partir vers la rivière car la veille, nous avions repérés 2-3 petites maison de pierre. Nous laissons toutes nos affaires dans la tente, on prend juste de l’eau et le pique nique

Nous croisons des yaks et des chevaux non sauvages qui se laissent caresser. Nous continuons en direction de 5 maisonnettes de pierres, et là, 2 gros chiens s’avancent vers nous en aboyant. Nous ne sommes pas rassurés et sommes sur le point de faire demi-tour lorsque nous voyons un chinois nous faire signe de venir. Nous rencontrons 3 hommes qui venaient d’abattre un yak. Ils nous montrent fièrement la tête encore toute dégoulinante de sang.

On s’apprête à partir quand un des hommes nous invite chez lui à boire de l’eau. On accepte, on aura même l’occasion de goûter au lait de yak, qui n’est pas mauvais du tout. Au moment de partir, un autre homme nous amène voir les carcasses du yak qu’ils venaient de tuer. Nous sommes très heureux d’avoir partager ce moment et continuons notre randonnée. Même si nous n’avons quasiment pas communiquer par la parole, nous avons réussi à nous comprendre et on se souviendra pendant de cette rencontre.

Manque de bol, la pluie s’invite, nous nous abritons vite fait sous des rochers le temps qu’elle s’arrête puis repartons direction le col que nous aurions dû franchir la veille (si nous avions décider de faire le périple initial).

Nous pique niquons au col puis retournons à la tente. Nous prendrons 1h pour filtrer et faire bouillir l’eau afin de remplir nos gourdes pour le lendemain.

Dur réveil sous la pluie qui nous sape le moral (il a même neigé sur les sommets cette nuit). On amène toutes nos affaires dans la grotte pour préparer les sacs et on attend que la pluie se calme pour défaire la tente. Nous mettons les sacs et partons sous ce mauvais temps direction le “snake lake”.

Nous montons le 1er col en 50 minutes, on est content. La pluie est toujours là, on ne peut pas s’arrêter, alors on continue notre route, le moral au plus bas, et hop on entame le 2ème col. Ca y est, la pluie s’est enfin arrêtée, on décide de faire une pause pour sécher la tente et pique niquer. Le temps de tout déballer et la pluie revient, on est maudit. On grignote toute de même vite fait et on finit la montée du col. On continue de marcher en se posant la question de rentrer à Shangri La le soir même, car à ce moment là, nous ne prenons plus aucun plaisir et notre moral est à 0.

Au bout d’une heure, le soleil revient et notre moral aussi, on se décicde de continuer le trek.

Maintenant, il nous reste plus que de la descente, youpi, on va pouvoir avancer un peu plus vite. Les paysages n’ont rien à voir avec ceux que nous avons eu auparavant, nous sommes sur un petit chemin tantôt entourés de pierres, tantôt d’arbres.

Nous décidons de monter notre tente sur un petit endroit plat (ce qui n’est pas évident sur cette partie du trek, environ tous les km seulement). Le temps de monter la tente et la pluie refait son apparition. On reste sous la tente pendant 2h le temps que la pluie cesse. Puis, nous préparons à manger avec l’eau de pluie récoltée car nos gourdes sont quasiment vides et pas de rivières à l’horizon.

Le 5 octobre, dernier jour de trek avec un réveil parfait sous le soleil et les montagnes qui se dévoilent. On range la tente mouillée car il a plut toute la nuit (et oui encore !). On est super motivés, ça descend encore, youpi ! On s’arrête 1h pour filtrer et bouillir de l’eau qui coule le long des rochers car nous n’avons quasiment plus rien dans les gourdes. Et là, devant on voit notre dernier col à monter (ou je dirais à escalader). On se donne 2h pour le faire, et nous réussissons à le monter en 50 min, trop fiers de nous.

L’arrivée est spectaculaire ! Nous sommes accueillis avec une ribambelle de drapeaux tibétains, nous ne nous y attendions pas du tout.

Une dernière pause entourés de montagnes et du ciel bleu. Nous ne nous lasserons pas de ces paysages.

Et voilà, nous finissons ce trek de 5 jours. Nous arrivons au temple Gonggu où nous prenons le bus pour rentrer à l’hôtel où nous pouvons enfin nous laver et profiter d’un bon lit pour nous reposer.